Agir avant qu’il ne soit trop tard!

La peur de l’inconnu est mauvaise conseillère. Lobbies industriels, groupes militants, charlatans et démagogues récoltent les fruits de cette cacophonie et de l’inculture scientifique, s’attirant des sympathies jusque dans les gouvernements, où la parole des chercheurs peine à faire contrepoids. Il y a urgence à réagir vigoureusement, en sortant du « business as usual » des programmes de culture scientifique. On ne pourra pas continuer longtemps de dépenser des milliards de dollars pour la recherche si plus personne ne saisit à quoi elle sert!

Tout n’est pas perdu. Le dernier rapport du Conseil des académies canadiennes (CAC) sur la culture scientifique, publié en 2014, laisse penser que la population démontre encore une certaine curiosité envers les sciences. Sur 33 pays analysés, le Canada se situait en première position pour ce qui est de l’indicateur « Mobilisation du public à l’égard de la science ». Les Canadiens seraient plus enclins que les autres citoyens du monde à visiter, au musée, des expos sur la science, à participer aux activités que proposent les organismes de culture scientifique et à se mobiliser pour des causes en lien avec des sciences et des technologies controversées. Selon les résultats du sondage mené par le CAC auprès de 2 004 adultes, les Canadiens s’intéresseraient même plus à la science qu’à l’actualité sportive ou à la politique!

On doit fournir à la population plus d’occasions d’être mis en contact avec de la science expliquée de manière accessible et intéressante. Pour forger son sens critique, ou pour l’aider à le retrouver, on doit lui expliquer mieux et plus souvent la démarche scientifique au travers d’exemples variés, sur des sujets qui l’intéressent. On doit aussi l’amener à se questionner et à oser demander des explications quand il ne comprend pas. Il faut prendre les gens là où ils en sont! Pour avoir un effet global sur la culture scientifique de la population, il faut donc communiquer la science dans un véritable dialogue, incluant des gens de tous horizons, y compris les 70% de Québécois qui n’ont pas de diplôme universitaire!

De leur côté, les scientifiques ont aussi besoin de se frotter à ce que leurs concitoyens perçoivent de leurs travaux pour y réfléchir différemment, être plus innovants et pertinents. La population doit être invitée à donner son avis, à faire part de ses besoins et à poser des questions qui inciteront peut-être des chercheurs à vouloir sortir des sentiers battus. Chaque être humain peut contribuer, de part son vécu et ses expériences à faire avancer les connaissances sur le monde ultra complexe dans lequel nous vivons.